La question du recours à l’architecte est un problème « culturel » en France,… il y a une incompréhension technique et esthétique dramatique de la part de ceux qui souhaitent construire : sans doute un problème de communication et d'organisation de la part des architectes plus que de conformisme des habitants. On est tout de même en train de ramener le débat sur les choses essentielles, grâce à cette philosophie dite de « développement durable » ….par le biais de la technique et des règles de l’art, du coût global, c’est-à-dire avec prise en compte de l'entretien et fonctionnement. Et surtout il faudra bien en venir à une meilleure conception des plans avec une meilleure répartition des pièces et une évolutivité de l’habitat en fonction des âges de la vie, permettant de ce fait une meilleure mixité dite « sociale».

La France n’investit pas suffisamment dans la matière grise et les projets concrets, certains diront « la culture »..., alors que l’avenir de l'«économique » n’est plus dans la consommation inutile de ressources, mais bien dans une société de la connaissance!!!! Ailleurs on embauche des philosophes dans les entreprises…Mais il y a les mêmes efforts à fournir en direction de la revalorisation des savoirs faire, de leur transmission et le travail de chantier. Et si possible l’articulation du faire savoir et du savoir faire.


QUALITE ARCHITECTURALE / QUALITE TECHNIQUE . Le maintien de la (qualité de) vie sur terre et la lutte contre les bouleversements climatiques en cours comme objectif d’intérêt public prioritaire pour l’architecture.

Quand on parle de « qualité » du logement, et de « qualité environnementale » on pense trop souvent à la « qualité technique » et donc à des « surcoûts », des « plus values » selon la terminologie des devis d’entreprises ou de l’investissement à court terme. Et il est vrai que dans le contexte actuel le critère économique dominera de plus en plus les réflexions sur l’architecture pour tous. On oublie de parler des aspects immatériels « non mesurables » de la qualité spatiale, urbaine et environnementale, qui sont des « moindres coûts » non visibles et des « moins values » à long terme. Ce qui se construit depuis 30 ans va à l’encontre des principes d’un développement soutenable que ce soit économiquement, socialement, du point de vue de l’environnement, et …de l’esthétique qui en résulte qui est l’expression « culturelle » et « civilisationnelle » de la manière dont sont traités ces 3 aspects. On oublie d'envisager l'économie du projet d'urbanisme et on consomme allègrement les surfaces précieuses pour l'espace vital et le développement de notre progéniture. Alors que les concepts d'architectes qui remplissent les revues spécialisées démontrent qu'on peut multiplier par 4 la densité d'occupation d'une même parcelle pour une meilleure qualité spatiale et d'usage intérieure et extérieure, et une économie sur le foncier divisée par 2!!! On oublie de s’occuper de l’habitat comme projet d’investissement durable, qui va bien vieillir, pour l’individu, sa famille et leurs évolutions dans le temps, bref une démarche patrimoniale inscrite dans un avenir « sociétal », et familial : celui des générations futures qui vont devoir continuer à payer l’emprunt de leur héritage. Les architectes ne l’abordent souvent qu’en tant que plan-type et façade d’un projet d’ensemble.…La tâche de coordination des projets d’ensembles d’habitats est si ardue à envisager qu’on préfère se retrancher sur la question de l’espace public en occultant la hiérarchie du questionnement : d’abord l’économie du projet et de la construction et la durabilité d’investissement à long terme : l’environnemental en fait partie. En fait, deux aspects complémentaires permettent de répondre aux contraintes environnementales: les données de conception architecturale et urbaine et les données techniques.

Une bonne conception architecturale permet d’apporter globalement des réponses aux problèmes de consommation inutile de terrain et d’espace (optimiser l’occupation de la parcelle pour pouvoir encore construire plus tard,…), et aussi de consommation inutile d‘énergie (implantation et orientation protégée du froid, mais aussi et peut être surtout du chaud, ventilation et rafraîchissement naturels, etc.). Et puis offrir un maximum de possibilités d'usage et une évolutivité de l’architecture en fonction des âges de la vie sans intervention ultérieure, souvent couteuse, n’est pas un « luxe » lorsqu’on connaît les difficultés à se loger aujourd’hui,… Le confort des ambiances ne coûte rien non plus lorsqu’il s’agit de la manière d ‘ « architecturer l’espace », comme une terrasse extérieure abritée du soleil et bien reliée avec le séjour au lieu d’un grand terrain à entretenir. Et puis pourquoi se priver des vues bien cadrées sur le paysage environnant et le paysage intérieur, d’un éclairage naturel qui sculpte l’espace, des courants d’air maîtrisé et efficaces en cas de grosses chaleurs, l’impression d’espace malgré le peu de mètres carrés, les belles associations de couleurs et de matières, l’usage approprié des matériaux et couleurs, etc. L’utilisation d’énergie « gratuite » grâce aux techniques dites «à énergie passive » n’a rien à voir avec la technique du « solaire », mais avec l’utilisation des capacités de résistance et de captage ou de conductivité thermique de matériaux simples comme le verre, la terre cuite, le béton, le métal, le bois, les couleurs sombres ou claires, etc.

La sophistication technique, accompagne et complète le dispositif architectural de base lorsqu’il n’est pas parvenu complètement à ses fins : complément de chauffage y compris avec recours aux énergies renouvelables, équipement technique économe en


QUALITE TECHNIQUE / RENTABILITE ECONOMIQUE : la problématique du monde économique.
Les types de mises en œuvre que l'architecte est amené à préconiser pour l’habitat, et à faire réaliser par des entreprises sélectionnées après un appel d’offre doivent être « économiquement les plus avantageuses », tant du point de vue technique que du point de vue économique. Les deux aspects sont donc effectivement étroitement liés. C’est la facilité de mise en œuvre et la réduction du temps de travail sur un chantier qui permet de gagner de l’argent et qui est le critère technique premier. Ce qu’on appelle la mise en œuvre «traditionnelle», c’est-à-dire la construction « courante » actuelle, est bien évidemment la plus compétitive pour le monde économique dans l’état actuel des choses… Lorsqu’on parle de «développement durable» en ne parlant que de matériaux ou de techniques nouvelles, il est clair qu’on augmente les coûts… non parce que la technique est complexe et chère, mais parce que le mode de production actuel suit un développement qui lui est propre : celui des contraintes économiques et d’organisation des entreprises de construction, leur compétitivité, rentabilité et donc en quelque sorte leur « qualité économique » d’entreprises qui contribue à uniformiser les modes de construction. Du coup les entreprises ne peuvent jouer le jeu des nouvelles techniques innovantes, plus environnementales, et encore marginales…

La mise en œuvre des matériaux innovants est surévaluée dans les devis de manière à dissuader de les utiliser, parce qu’il y a un manque de savoir faire dans ces domaines. La facilité est de mise pour de bonnes raisons qui sont effectivement économiques. Certaines entreprises, encore trop rares et marginalisées mais très prises, s’accrochent à des savoirs faire artisanaux et locaux qui eux-mêmes se renouvellent et innovent. Les architectes en libéral qui travaillent davantage avec l’artisanat du « sur mesure » sont souvent seuls à devoir assumer beaucoup de problèmes de mise en œuvre du point de vue de leur responsabilité de maître d’œuvre, ce qu’ils renoncent souvent à envisager. Et ce qui les conforte dans l’idée de ne plus travailler qu’en amont et surtout le moins possible sur les chantiers. Les problèmes de suivi de chantier ajoutés aux contraintes administratives et réglementaires mettent l’architecte au cœur de la tourmente de la société. Il y a aussi une pénurie dramatique de main-d’œuvre dans le secteur de bâtiment. Il manque autant de personnes dans ce secteur qu’il n’y a de chômeurs en France ! Ce sont des problèmes de filières, qui dépassent les architectes, isolés et vulnérabilisés par une hyper règlementation de leur pratique. Du coup, et malgré la protection du titre, cela laisse la place à toutes sortes de « professionnels » qui s’improvisent « architectes » sous un faux statut de « maîtres d’œuvres », quand ce ne sont pas des apprentis dessinateurs, employés d’entreprises ou d’administrations qui conçoivent en vue du dépôt de permis de construire à leurs heures perdues, pour rendre service.

En gros…, il n’y a pas de pilote dans l’avion! Et on fait appel à l’architecte par des voies détournées…comme conseil…ou simple "dessinateur" de plans...La dévalorisation de la profession d'architecte entraîne tout le savoir faire de qualité dans un cercle infernal d'autodestruction massive qui favorise l'"argent facile" et la "concurrence déloyale" du "n'importe quoi" et du "ni vu ni connu"..... Et pendant ce temps, le coût annuel de la "non qualité", évalué à 10 milliard d'euros, est passé sous silence.


COUT DE MISE EN ŒUVRE / COUT DES HONORAIRES : la nécessité de projet d’ensemble, de coordination de chantier et de cout global clairement affiché.
Dans la question du coût de la « maison d’architecte », il y a deux aspects trop lisibles qui occultent tous les autres: celui du cout de mise en œuvre et celui du coût et du rôle de l’architecte. C’est un sujet un peu tabou en France cette question du prix ! Et malheureusement une bonne occasion une fois de plus de croire ou de faire croire que l‘architecte doit être « contourné », car perçu comme un coût supplémentaire. Le public a du mal à comprendre l’intérêt et les avantages de la « démarche » avec un architecte. Il considère ses « honoraires » comme un surcoût réservé aux riches, car ils se calculent sur un montant de travaux et s’appliquent de manière transparente comme venant en plus, selon la déontologie propre aux architectes, qui est la profession la plus règlementée qui soit, contrairement aux pratiques commerciales qui noient les rémunérations et qui affichent un prix ferme et définitif où tout n'est évidemment jamais compris,... En comparant les coûts dans le cadre d'une démarche de constructeur et celle d'une démarche d'architecte on pointe le doigt sur des démarches différentes celle de l'industrie et du commerce d'un côté et celle de l'artisanat et de l'art de l 'autre. Les honoraire d'architectes d'une part et la marge bénéficiaire des vendeurs de maisons d'autre part, on trouve un écart qui va , respectivement, du simple au double. Ce qui signifie que le rapport qualité/prix est moindre dans une démarche commerciale qui demande plus de budget en terme de communication et de publicité. Comment faire pour déplacer les investissements sur la qualité réelle du produit qu'il soit fabriqué ou construit "sur mesure"

Le coût ne signifie rien en réalité pour personne, car il dépend de ce qui est compris ou non dans le coût annoncé. En réalité une même maison coûte toujours le même prix, puisque ce prix dépend du coût de mise en œuvre par des entreprises qui s’alignent souvent sur un « prix du marché ». Si une maison d’architecte paraît un peu plus « chère » dans les statistiques, c’est parce que les prestations demandées sont souvent, à la demande du client ou en raison des normes obligatoires (comme dans les marchés publics), d’une gamme de prix plus élevée. Si le coût de l’architecte apparaît effectivement comme un « sur »coût, c’est parce qu’il est engagé trop tard donc avec des honoraires qui se rajoutent artificiellement de manière déconnectée de son vrai travail, quasiment en situation d’être obligé de signer un projet. Et puis, le rapport entre son projet et la réalisation est mal géré par le particulier livré à lui-même avec un plan de permis de construire conçu par une profession "déontologiquement" indépendante des entreprises et du marché.

Dans le domaine de la construction « sur mesure », si l’on compare le coût de deux maisons semblables, l’une dont le chantier est dirigé par le client lui-même et l’autre par un architecte, on constate que la maison d’architecte est moins chère….C’est parce que le coût de l’architecte est en réalité récupéré sur un coût global de travaux d’entreprises qui sera moindre lorsqu’ intervient un vrai travail de préparation et de coordination. Là où l’architecte compétent peut faire gagner de l’argent c’est bien, dans le cas d’une maison « sur mesure » au-delà du Permis de Construire, sur l’organisation du travail et le suivi des entreprises qu’il a choisi, avec son client, pour leurs compétences. S’il a une mission de suivi, il est à même de faire un descriptif détaillé des travaux à envisager, qui accompagne les plans d’exécution (plus détaillés que le plan du permis de construire) et ce, afin de pouvoir mettre en concurrence les entreprises et aider son client à choisir la technique la plus efficace selon le meilleur rapport qualité/prix. Cette démarche complète n’est envisageable que si les garanties à apporter sur le chantier peuvent l’être, et en gros, que l’ « autoconstruction » (construire soi-même) n’est pas envisagée au-delà de la décoration. C’est la démarche normale du recours à l’architecte à condition de l’avoir consulté bien en amont et de lui avoir donné toute latitude pour faire son travail. C’est-à-dire des délais suffisants pour étudier, un cahier des charges de qualité, une collaboration et une solidarité entre l’architecte et son client, une rémunération des missions en adéquation avec les services à rendre, ce qui nécessite que le contrat lui-même soit clair, y compris sur la manière de suivre le projet dans le temps. Autant dire que c’est impossible, sauf si l'architecte devient comme le médecin de famille aujourd'hui le "médecin traitant", l'architecte de famille ou l"architecte traitant" dans un système de "parcours coordonné"...à inventer?? en relation avec un système de soutien financier durable...(on éviterait ainsi les désastres immobillers et humains que commencent à bien connaitre les banquiers) Une précision importante: les honoraires d’architecte ne sont pas proportionnels au coût des travaux, ni à la quantité de travail à fournir à l’intérieur d’une mission, mais au contraire inversement proportionnel au coût de travaux, et calculés selon la nature et la complexité de l’opération en fonction de missions bien établies et dont il ne peut s’exonérer (la signature de complaisance est interdite).


MAISONS-TYPES / MAISON SUR MESURE : le chaos actuel accentue les disparités.
On marche à reculons en ce moment, car tout le monde dessine sa maison soi disant « sur mesure » et sans architecte, avec tous les défauts de l’ «auto construction», ce qui revient bien souvent à une mise en œuvre « bricolée » en particulier pour l’isolation et l'équilibre hygrothermique des parois, la santé des habitants, et je ne parle même pas d’esthétique, ni du surcoût bien réel des malfaçons !!. Pour le particulier, le recours à l’architecte n’est obligatoire qu’au-delà du seuil prévu par la loi (170 m2 de SHON jusqu’à présent et en attendant de nouveaux décrets), avec cette conséquence : 68 % des constructions se réalisent actuellement sans architecte, sans parler des signatures de complaisance. Tout le monde prétend savoir construire et avoir un avis sur l’aspect que doit avoir sa maison….Internet et la diffusion de l’information, en général contribue sans doute à cultiver l’illusion de l’accès à un savoir et donc un savoir faire …Mais peu de gens savent qu’on ne trouve pas tout en accès libre et gratuit sur Internet. Les précautions à prendre n’y sont pas forcément de manière claire car elles dépendent du cas précis. Les règles de mise en œuvre professionnelles réservées aux techniciens sont payantes et leur interprétation ne s’improvise pas.

Le rôle de l’architecte dans cette « démarche » de projet de maison dit « sur mesure » pour le plus grand nombre est ardu, car bien des personnes construisent dans l’urgence…

Cela équivaut en fait à demander à l’architecte d’être un « Superman » qui va devoir, à chaque nouveau projet, s’occuper à la fois de toutes les dimensions qui permettent d’atteindre une véritable cohérence…Avec la révolution technologique qui s'annonce, c'est comme si on lui demandait de faire un voiture sur mesure pour chaque nouveau client...

Il s’agit d’appliquer la philosophie du « développement durable », une vaste question qui recouvre les aspects environnementaux, éthiques, économiques, et esthétique ou culturel… Cela signifie aussi qu’il faut envisager la question de l’urbanisme qui est comprise à l’intérieur de celle de l’architecture. Et puis, il faut encore s’occuper de la commande jamais bien formulée et du cahier des charges du maître de l’ouvrage (le client, celui qui commande et paye l’ouvrage). Il faudra admettre aussi que les aspects de mise en oeuvres souvent différents, et de plus en plus à chaque projet, relèvent toujours d’une coordination de chantier sous la responsabilité de l’architecte. Et avant tout, on devra aborder les sources de conflits dans les relations entre les personnes qui vivent ensemble : le couple qui construit, la psychologie des habitants et les modes de vie, les règles de vie en commun, le montage administratif et financier des projets, les comportements pour que la maison fonctionne correctement en vue d’économiser vraiment l’énergie etc.). Le problème pour le particulier, c’est aussi de faire comprendre à l’architecte quelles envies et goûts il a… C’est épuisant…

Comment se fait-il qu’il y ait aussi peu de réflexion en France sur des « modèles » de maisons intelligents, évolutifs, avec des options à l’infini ? La loi sur l’architecture impose que tout modèle-type et ses variantes, industrialisée ou non, susceptibles d’utilisation répétée, doit être conçu par un architecte, et ce, quel que soit le maître d’ouvrage qui l’utilise… Et cette clause est indépendante de l'exception de recours obligatoire à l'architecte liée au seuil, ce qui signifie que le monopole des architectes est pourtant quasi établi!!!! comment se fait-il alors que si peu de projets d'habitation sont le fait des architectes??? En fait, il y a des chances que toute cette mascarade tiennent à un système de responsabilisation très pervrs et entièrement à revoir grâce à l'implication et à la prise de risque des individus, ce que pratiquent déjà largement les particuliers...

Deux autres problèmes d'interprétation et de non application massive de la loi, c'est à dire du recours à l'architecte et des règles professionnelles qui vont avec, induisent la non qualité actuelle et le retard français. D'une part le fait de "construire pour soi-même", c'est-à -dire pour son usage propre est interprété allègrement comme la possibilité de contruire aussi par soi même...Ce qui est possible si on dispose de temps et de compétence (souvent lorsqu'on est du métier...) et ouvre une voie royale aux pratiques de "travail illégal" par les employés du bâtiment eux-mêmes qui sont les "amis" insérés dans des réseaux d'entre-aide bien compréhensibles dans un tel contexte, tout celà sous couvert de la sympathique auto-construction qu'il faut bien sûr autoriser...mais à quelles conditions, notamment vis-à-vis des assurances et des emprunts bancaires associés aux hypothèques sur ce type de biens? Ces pratiques, cumulées au manque de réflexion technique en amont du PERMIS DE CONSTRUIRE instaure un cercle vicieux qui engendre un processus inverse à celui que l'on recherche. Ce processus est d'autant plus dramatique en cette période de mutation technologique imposée par les enjeux de survie planétaire. L'utilisation de grilles d'évaluation en amont de la mise au point du projet pourrait faire avancer les choses. dans le cadre de démarches de type "conception/réalisation"... D'autre part, l'ambiguité cultivée du débat autour de la notion de "modèle-type" (pourtant définie par décret) et "d'adaptation au terrain": les pratiques courantes ont peut être juste à prendre conscience de l'urgence de renouveler ces modèles, leurs modalités de regroupement, les variantes possibles dans un processus évolutif managé par les architectes, de règles d'urbanisme simples qui imposeront pour un temps, celui de la mutation et du renouvellement des habitudes, le recours à l'architecte pour l'"adaptation au site" à ne pas confondre avec l'"adaptation au terrain" pour laquelle l'architecte n'est pas obligatoire en-deça du fameux seuil.


MISE EN ŒUVRE ARTISANALE / MISE EN ŒUVRE INDUSTRIELLE : l’avenir qualitatif d'une rencontre entre artisanat et industrie?
Nous vivons une époque où ceux qui ont de l’argent et de la culture n’ont pas de temps, et où 60% de la population relève de la catégorie dite du »social »., où le niveau de revenu stagne alors que le coût du logement ne cesse d’augmenter. Pendant ce temps des normes limitent l'auto-construction. Face à cette crise, des réponses plus ou moins militantes s'ébauchent : migration à la campagne, éco-village, piratage (construire sans permis), socialisation du foncier, squat, nomadisme… Comment se sortir de l’impasse actuelle alors que l’urgence économique exige qu’on propose au public des solutions « clés en main » bien conçues et bien réalisées pour le même prix ou à peine plus qu’avant ? Il y a sans doute des moyens d’augmenter le niveau général de la production standard en coordonnant davantage la filière des intervenants multiples de la production du cadre de vie ordinaire, sans aucun surcoût, simplement en économisant les énergies des uns et des autres ? Les rôles des uns et des autres doivent être replacés aux bons endroits, avec les compléments de formation qui s’avèrent nécessaires pour les uns et les autres. Ce qui se construit aujourd’hui n’a rien d’ « économique» du point de vue de l’espace consommé et du rapport usage/coût. Les lotissements sont remplis de maisons qui ne sont adaptées qu’aux jeunes ménages avec enfants. Comment réinventer des modèles flexibles et évolutifs pour investir durablement dans son logement?

Il manque un travail d’organisation simple, à partir de la conception globale de l’habitabilité de la parcelle, entre les architectes et les autres acteurs de la filière : les collectivités, les aménageurs et géomètres, les entreprises, les maîtres d’œuvres, etc. L’innovation est de plus en plus soutenue et peut être y a-t-il des pistes à étudier par rapport à l'habitat individuel notamment (bannissons les mots "construire une maison" de nos vocabulaires: on ne peux plus se les payer!!)…et sans doute plus facilement en s’ancrant dans le contexte foncier et économique existant. Mais il y a encore beaucoup de méfiance et d’incompréhension dans un contexte de concurrence généralisée, alors que l’urgence environnementale ne nous donne plus que 10 ans pour sauver la planète !!

Le lien entre conception et réalisation, architectes et metteurs en oeuvre n'est pas encore suffisamment organisé en dehors des marchés publics. Cette organisation pourrait se faire en "microfilières "cohérentes autour d'architectes précurseurs, auteurs de concepts de mise en oeuvre appliqués à une conception architecturale et urbaine cohérente et de qualité environnementale.

EG Chargée de Mission AUE